Le socialisme est tout ce qui est représenté par le capitalisme de connivence
- Le socialisme moderne comme capitalisme de connivence : une lecture libertarienne des dérives attribuées au capitalisme
- La confusion contemporaine entre marché libre et économie administrée
- Le rôle central de l’État dans la concentration économique
- La monnaie comme instrument majeur du socialisme moderne
- Les crises financières comme conséquence du socialisme monétaire
- La France : une économie de dépendance administrative
- L’Union européenne : technocratie et concentration réglementaire
- Les États-Unis : capitalisme financier sous perfusion monétaire
- Bitcoin comme réaction au socialisme monétaire
- Conclusion
Le socialisme moderne comme capitalisme de connivence : une lecture libertarienne des dérives attribuées au capitalisme
Dans le débat politique contemporain, le capitalisme est fréquemment tenu pour responsable :
- des inégalités croissantes,
- de la concentration du pouvoir économique,
- de la financiarisation,
- des crises bancaires,
- de l’endettement systémique,
- de la destruction monétaire par l’inflation,
- des monopoles,
- ou encore de la capture des institutions publiques par les grandes entreprises.
Pourtant, cette accusation repose sur une confusion fondamentale : ce qui est aujourd’hui appelé « capitalisme » en Occident ne correspond plus à une économie de marché libre, mais à une économie administrée dans laquelle l’État, les banques centrales, les grandes institutions financières et les grands groupes industriels forment un système interdépendant.
Les déséquilibres contemporains ne proviennent pas du libéralisme économique authentique, mais de son inverse : l’interventionnisme structurel de l’État dans la monnaie, le crédit, la réglementation et l’allocation du capital.
Le socialisme moderne ne se présente donc plus sous la forme historique d’une nationalisation totale des moyens de production, comme dans les régimes soviétiques du XXe siècle. Il prendrait une forme plus diffuse, plus technocratique et plus financière : celle d’un capitalisme de connivence où les profits restent privés tandis que les risques et les pertes sont transférés à la collectivité.
La France, l’Union européenne et les États-Unis ne seraient pas des exemples d’échec du libéralisme, mais des exemples avancés d’économies socialisées par la monnaie, la dette et la centralisation institutionnelle.
La confusion contemporaine entre marché libre et économie administrée
Le terme « capitalisme » est aujourd’hui utilisé pour désigner des réalités profondément différentes. Dans sa définition classique issue de la tradition libérale :
- la propriété privée est protégée,
- les prix émergent librement,
- la monnaie ne peut être manipulée arbitrairement,
- les entreprises assument leurs pertes,
- les faillites jouent un rôle de sélection économique,
- l’État dispose d’un pouvoir limité.
Or, les économies occidentales contemporaines fonctionnent selon des principes radicalement différents. Les taux d’intérêt ne sont plus déterminés librement par l’épargne et le risque, mais administrés par les banques centrales. La monnaie est créée de manière discrétionnaire.Les banques systémiques sont sauvées lorsqu’elles deviennent insolvables. Les grandes entreprises dépendent :
- des subventions,
- des marchés publics,
- des normes réglementaires,
- des privilèges fiscaux,
- des mécanismes monétaires,
- et du crédit artificiellement abondant.
Dans une économie réellement libérale, une entreprise incapable de survivre disparaît. Dans le système actuel, les acteurs les plus proches du pouvoir politique sont protégés contre les conséquences naturelles du marché; et les géants capialistiques vivent essentiellement des marchés publics (sauf Bitcoin).
Le système contemporain repose donc moins sur la concurrence que sur la proximité institutionnelle. C’est précisément ce que les libertariens désignent comme capitalisme de connivence.
Le rôle central de l’État dans la concentration économique
L’une des critiques les plus fréquentes adressées au capitalisme concerne la concentration des richesses et la formation de grands monopoles. Les grands monopoles durables émergent rarement d’un marché libre. Ils apparaissent principalement lorsque l’État crée des barrières artificielles à l’entrée.
Ces barrières prennent plusieurs formes :
- inflation réglementaire,
- fiscalité complexe,
- normes administratives,
- licences,
- agréments,
- propriété intellectuelle excessive,
- accès privilégié au financement bancaire,
- dépendance aux marchés publics.
Les grandes entreprises disposent :
- d’armées de juristes,
- de cabinets de lobbying,
- d’optimisation fiscale internationale,
- d’accès directs aux administrations,
- de relations privilégiées avec les banques centrales et les États.
Les petites structures, elles, supportent proportionnellement des coûts réglementaires beaucoup plus élevés. Ainsi, plus la réglementation augmente, plus la concentration économique s’accélère.
Ce phénomène est observable dans :
- la finance,
- l’énergie,
- le numérique,
- la santé,
- l’agroalimentaire,
- les télécommunications,
- ou encore la défense.
Le paradoxe est alors le suivant : ce que l’opinion publique identifie comme des « excès du capitalisme » correspond souvent à des effets de la centralisation étatique.
La monnaie comme instrument majeur du socialisme moderne
La question monétaire constitue le cœur du problème. Historiquement, une monnaie adossée à une contrainte physique — comme l’or — limitait fortement :
- l’endettement public,
- les déficits permanents,
- les guerres longues,
- les politiques inflationnistes.
Depuis l’abandon progressif de l’étalon-or au XXe siècle, les États modernes disposent d’une capacité presque illimitée de création monétaire indirecte via les banques centrales et le système bancaire. Cette capacité transforme profondément la structure économique.
Lorsque de la monnaie nouvelle est injectée :
- elle n’entre pas partout simultanément,
- elle bénéficie d’abord aux banques,
- aux marchés financiers,
- aux États,
- aux grandes entreprises endettées.
C’est ce que l’économiste Richard Cantillon avait identifié dès le XVIIIe siècle : les premiers bénéficiaires de la création monétaire captent une partie importante de la richesse réelle avant que les prix n’augmentent dans l’ensemble de l’économie. Les derniers récepteurs — salariés, retraités, épargnants — subissent l’inflation sans bénéficier des avantages initiaux de la création monétaire. L’inflation n’est donc pas un accident du marché. Elle constitue une conséquence structurelle du monopole monétaire étatique.
Les crises financières comme conséquence du socialisme monétaire
Les grandes crises financières modernes sont souvent présentées comme des échecs du capitalisme dérégulé. La lecture libertarienne défend au contraire l’idée que ces crises résultent principalement :
- de la manipulation des taux d’intérêt,
- de l’expansion artificielle du crédit,
- des garanties implicites de sauvetage,
- et de l’intervention des banques centrales.
La crise de 2008 illustre particulièrement cette analyse.
Pendant des années :
- le crédit a été artificiellement abondant,
- les taux ont été maintenus extrêmement bas,
- les banques ont pris des risques croissants,
- les produits financiers se sont multipliés,
- la dette a explosé.
Lorsque le système est devenu insolvable, les pertes n’ont pas été assumées par les institutions responsables.
Au contraire :
-
les banques centrales ont injecté des milliers de milliards,
-
les États ont garanti les établissements systémiques,
-
les contribuables ont absorbé indirectement les conséquences via :
- l’inflation,
- la dette publique,
- la dégradation monétaire.
Dans un marché réellement libre, une banque incapable d’assumer ses risques aurait disparu. Le principe même du « too big to fail » est considéré comme incompatible avec le capitalisme. Il constitue une forme de socialisation des pertes.
La France : une économie de dépendance administrative
La France représente, l’une des formes les plus avancées d’économie administrée occidentale. Le poids des dépenses publiques y dépasse régulièrement 55 % du PIB selon les données Eurostat et INSEE. Une grande partie de l’activité dépend directement :
- des transferts publics,
- de la commande publique,
- des subventions,
- des aides sectorielles,
- des mécanismes sociaux,
- et de l’endettement public.
Le système économique français repose fortement sur :
- les grands groupes proches de l’État,
- les secteurs réglementés,
- les monopoles historiques,
- les structures parapubliques,
- les autorités administratives indépendantes,
- et la technocratie centrale.
Le phénomène de circulation entre :
- haute administration,
- cabinets ministériels,
- grandes entreprises,
- banques,
- institutions publiques, constitue une caractéristique majeure du système français.
La France ne fonctionnerait donc pas selon une logique de libre marché concurrentiel, mais selon une logique de gestion administrative du capital. Le marché n’y disparaît pas. Il devient subordonné à l’État.
L’Union européenne : technocratie et concentration réglementaire
L’Union européenne représente une autre forme de centralisation économique.La production normative européenne est considérable :
- finance,
- énergie,
- données,
- numérique,
- IA,
- ESG,
- agriculture,
- industrie,
- environnement.
Chaque nouvelle couche réglementaire accroît :
- les coûts de conformité,
- les besoins juridiques,
- la dépendance aux grands cabinets,
- les barrières à l’entrée.
Les grands groupes absorbent relativement facilement ces contraintes. Les petits acteurs disparaissent progressivement ou deviennent dépendants des plateformes dominantes. La réglementation massive ne réduit pas la concentration du capital. Elle l’accélère.
Parallèlement, la Banque centrale européenne :
- contrôle les taux,
- rachète les dettes souveraines,
- soutient le système bancaire,
- influence directement les marchés obligataires.
La monnaie européenne fonctionne ainsi comme un mécanisme centralisé de pilotage économique. Cela rapproche l’Union européenne d’un modèle de socialisme monétaire technocratique.
Les États-Unis : capitalisme financier sous perfusion monétaire
Les États-Unis sont souvent décrits comme le symbole du capitalisme mondial. Pourtant, la structure économique américaine contemporaine dépend profondément :
- de la Réserve fédérale,
- du dollar comme monnaie de réserve mondiale,
- de la dette publique,
- du complexe militaro-industriel,
- des marchés financiers soutenus monétairement.
Depuis plusieurs décennies, les marchés américains sont fortement corrélés :
- aux politiques de liquidité de la Fed,
- aux injections monétaires,
- aux programmes de soutien.
Les grandes institutions financières bénéficient :
- d’un accès privilégié au crédit,
- d’un soutien implicite,
- d’une proximité directe avec les centres de pouvoir.
Parallèlement, les inégalités patrimoniales augmentent fortement, notamment à travers :
- l’inflation des actifs financiers,
- la hausse de l’immobilier,
- les politiques monétaires expansionnistes.
Le système américain contemporain ne correspond plus à un capitalisme entrepreneurial libre, mais à une économie financiarisée soutenue artificiellement par la création monétaire et par un encadrement central des marchés et taxes, notamment à l’import/export.
Bitcoin comme réaction au socialisme monétaire
Bitcoin apparaît dans ce contexte comme une critique radicale de la fusion entre monnaie et pouvoir politique.
Son architecture repose sur plusieurs principes fondamentaux :
- offre limitée à 21 millions d’unités,
- impossibilité de création discrétionnaire,
- validation distribuée,
- résistance à la censure,
- absence de banque centrale.
Bitcoin retire à l’État le principal instrument de contrôle économique moderne : la création monétaire :
- l’inflation devient impossible à manipuler politiquement,
- les déficits permanents deviennent beaucoup plus difficiles,
- les sauvetages bancaires massifs deviennent limités,
- la dilution monétaire de l’épargne disparaît.
Bitcoin est une tentative de séparation entre monnaie et État, comparable historiquement à la séparation entre religion et pouvoir politique.
Conclusion
Les déséquilibres attribués au capitalisme contemporain proviennent principalement :
- de l’intervention monétaire,
- de la centralisation étatique,
- de la réglementation inflationniste,
- des privilèges institutionnels,
- et de la socialisation des risques.
Les économies occidentales actuelles ne sont pas des économies de marché libres, mais des systèmes hybrides dans lesquels :
- l’État,
- les banques centrales,
- les grandes institutions financières,
- et les grandes entreprises fonctionnent comme un bloc interdépendant.
Le socialisme moderne transformerait progressivement le sens de la propriété perçue par :
- le contrôle monétaire,
- la dette,
- la dépendance réglementaire,
- et l’intervention permanente.
Ainsi, ce qui est aujourd’hui dénoncé comme « dérives du capitalisme » est l’expression inverse : celle des conséquences du socialisme monétaire et administratif appliqué aux économies occidentales contemporaines.
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