Préserver ce qui crée la valeur en France : propriété, patrimoine et temps long

Préserver ce qui crée la valeur en France : propriété, patrimoine et temps long
Préserver ce qui crée la valeur en France : propriété, patrimoine et temps long

Préserver ce qui crée la valeur en France : propriété, patrimoine et temps long

Lorsqu’une part importante de l’économie repose sur la réputation, le patrimoine, la qualité perçue, le territoire, la transmission et le temps long, la propriété devient un facteur macroéconomique de premier ordre.

Pour la France, plus de 35 % du PIB en dépend directement. Ne pas protéger la propriété, les patrimoines, les savoir-faire et les marques territoriales revient donc à fragiliser l’un des socles économiques du pays. La France n’est pas structurée pour la politique qu’on lui impose.

Il existe une place et un rôle pour chaque échelle. Faire l’Europe doit se faire au niveau européen ; faire la France doit aussi se faire au niveau français, pour elle-même, à partir de ce qu’elle est, de ce qu’elle sait produire et de ce qu’elle a accumulé.

Le populisme, non pas celui caricaturé ou instrumentalisé par les politiques, porte aussi une part de sagesse collective. Il exprime parfois ce qu’une population sait devoir défendre par tradition, sans théorie formalisée, mais par évidence vécue, transmise et vérifiée sur plusieurs générations. Les bonnes intentions qui font abstraction des cas concrets, des ancrages, des héritages et des équilibres locaux se trompent lorsqu’elles prétendent tout reconstruire depuis une idée générale. Elles mentent lorsqu’elles présentent cet arrachement comme une ouverture.

Le sujet n’est pas une fermeture. Il s’agit des conditions apprises d’une ouverture réussie : une ouverture qui n’épuise pas ce qui permet de subsister, qui ne détruit pas les cadres de transmission, qui ne dévalorise pas la propriété, qui ne dissout pas le temps long, qui ne corrompt pas les marques patientement construites par des individus, des familles, des territoires, des métiers et des maisons.

Dans ce cadre, l’intérêt collectif du collectivisme est faible. L’économie commune dépend très fortement d’une création de valeur centrée sur des patrimoines, des savoir-faire, des marques, des territoires, des maisons, des exploitations, des entreprises, des réputations, des transmissions et surtout des personnages, des individualités et des trajectoires singulières. Affaiblir ces structures reviendrait à scier les quelques branches sur lesquelles nous sommes assis.

Ce modèle est individuel, personnifié et historique. Sa valeur vient précisément de son unicité, de sa continuité, de son inscription dans une histoire propre. Sans cette profondeur, il perd une partie essentielle de sa valeur économique, symbolique et sociale.

Si cette valeur existe, si elle attire une demande, si elle contribue au PIB de la Nation, alors elle possède aussi une légitimité morale. Une marque, un patrimoine, un savoir-faire ou une réputation qui crée durablement de la valeur pour un territoire ne peut pas être traité comme un simple privilège à déconstruire. Il faut composer avec cette nature économique et culturelle, ou produire ailleurs selon une autre logique.

Le temps long joue ici un rôle décisif. Il permet à ceux qui ne sont pas encore au centre de créer leurs propres boutures, de constituer leur propre patrimoine, d’apprendre, d’accumuler, de transmettre et de s’élever en prenant appui sur les épaules des géants, plutôt qu’en les pillant.

Par l’investissement, par l’effort, par l’apprentissage et par un capital qui n’a pas besoin d’être important au départ — ni même nécessairement économique — la bouture peut prendre des formes diverses. Elle peut être artisanale, agricole, industrielle, intellectuelle, artistique, entrepreneuriale, familiale ou territoriale. Elle conserve toutefois une force particulière lorsqu’elle s’inscrit dans une continuité, un territoire, une qualité reconnue et une réputation transmissible.

Cette réflexion ne relève pas d’un nationalisme, d’autant plus que je suis sur le départ. Je suis surpris moi même par ce qu’elle amène, ça paraît pourtant pragmatique. Puisque ce territoire possède au moins une marque, un repère, une reconnaissance et une valeur accumulée dans le temps, il faut les préserver pour développer autour d’eux et depuis eux. La prospérité future ne se construira pas en niant ces héritages, mais en leur permettant de produire encore, de se transmettre, de se renouveler et de faire naître d’autres patrimoines.

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